lundi

Concerts Alberto Neuman (2008)



Lundi 5 et mardi 6 Mai 2008 à 20h30

Alberto Neuman
Piano

« La musicologie en fête »




Alberto Neuman interprète et commente Odeon d'Ernesto Nazareth (14 juin 2007)



Après le triomphe fait à Alberto Neuman en juin 2007 par le public du Ranelagh, le grand pianiste argentin revient dans un programme de mélodrame, genre qu’il aime particulièrement depuis qu’il entendit dans son enfance à Buenos-Aires, un récital où une lecture du Testament de Heiligenstadt était accompagnée par un pianiste jouant des oeuvres de Beethoven.
En seconde partie de ces deux récitals, Alberto Neuman présentera en solo le fruit de ses dernières recherches sur le répertoire classique et romantique, Chopin et Frescobaldi en particulier.



Première Soirée - le 5 mai
1ère partie
Beethoven, Le Testament de Heiligenstadt (conteur, Bertrand Brouder)
- 1er mouvement (Adagio sostenuto) Sonata Quasi una Fantasia op.27 N°2, dite "Clair de Lune"
-
Feuille d'Album "Für Elise"(dite "Lettre à Elise")
-
Menuetto in Sol
-
"Nel cuor più non mi sento", thème de Paisiello et Variation VI
LIRE LA NOUVELLE TRADUCTION PAR BERTRAND BROUDER

Bach,
Praeludium, cahier Anna Magdalena (N°1 Clavier bien Tempéré, BWV 846)

Chopin, Six Etudes de l'opus 10 et 25
- Etudes
Op.10: N°1, N°2, N°5 (sur les touches noires)
- Etudes
Op.25: N°1 (dite de "l'Harpe Eolienne"), N°2, N°11 (dite "Le Vent d'Hiver")

2ème partie
Chant Grégorien, par Guido d'Arezzo: Hymne à St.Jean (Ut Re Mi Fa Sol La S.I.)
Frescobaldi, Canzone IV, pour instrument à clavier (inédit collection Neuman-Garofalo)
Scarlatti, Esercizio per gravicembalo en Re mineur, dit "Pastorale", K.9
Grazioli, Adagio en Sol mineur, 2ème mouv. Sonate en Sol Majeur, op.1 N°11 (version-réalisation harmonique d'Arturo Benedetti Michelangeli)
Matos-Rodriguez, La Cumparsita (version A. Neuman)
Scott Joplin, Solace, A Mexican Serenade
Piazzolla, Libertango
Juan Bautista Alberdi, Figarillo
Debussy, Arabesque N°1
Nazareth, Apanhei-te Cavaquinho (version A. Neuman)


Seconde soirée - le 6 mai
1ère partie
Exercices techniques de préparation en public (Hommage à Vladimir de Pachmann)

Bach-Neuman, "Jesus bleibet meine Freude" (Jesu, que ma joie demeure), Choral de la Cantate 147
Bach:
- Trois petits Préludes: Do Majeur, Do Majeur, Do mineur
- Trois Inventions à deux voix: N°1 Do Majeur BWV 772, N°8 Fa Majeur BWV 779, N°13 La mineur BWV 784
-
Sinfonia à trois voix N°11 Sol mineur BWV 797
-
Prélude et Fugue Do mineur, à trois voix, 1er Vol. Clavier bien Tempéré, BWV 847
Bach-Busoni, "Nun freut euch,lieben Christen g'mein"(Réjouissez-vous, Chrétiens bien-aimés), Prélude pour Choral d'orgue, BWV 388

2ème partie
Ginastera, Milonga "del arbol del Olvido" (paroles Silva Valdés)
Piazzolla, Trilogie de l'ANGE: Milonga del Angel, Muerte del Angel, Resurreccion del Angel
Nazareth, Odeon, Tango brasileiro
Giuseppe Benedetti Michelangeli, Carillon

Mikis Théodorakis, Thémes du "Canto General" de Neruda ("Vegetaciones') et de la Cantate "Mauthausen"
Ariel Ramirez, "El Pajaro Campana", folklore argentin indigène
Grégory Veux, "Pull mélodique" et "L'échelle de Richter" (chant: G.Veux, piano: A. Neuman)





ALBERTO NEUMAN


Alberto Neuman est né à Buenos Aires où il étudia le piano avec Galia Schalman. Il vint ensuite se perfectionner à Rome avec Carlo Zecchi et recueillit également l’enseignement de Wilhelm Kempff, de Walter Gieseking et de Frank Martin. Mais c’est Arturo Benedetti Michelangeli qui fut son maître. Il le conseilla durant de nombreuses années et dit au sujet d’Alberto Neuman : « Il a fait un trésor de mon enseignement ». La carrière d’Alberto Neuman commença après sa victoire au concours Viotti en 1961. Sur les recommandations de Michelangeli, il a étudié à l'Institut Pontifical de musique sacrée à Rome avec en particulier trois ans de sémiologie grégorienne auprès de Dom Eugène Cardine. Dans les années 70, Alberto Neuman fût le pianiste de Mikis Théodorakis. Il a enseigné à Rome, à Paris et à Angoulême. Ses disques paraissent chez Arion et Buda. Il a reçu récemment la médaille d’or du festival d’Osaka. Piazzola disait : « la Résurrection de l’ange est devenue un classique sous les doigts d’Alberto ». Alberto Neuman est en train d’achever un ouvrage consacré aux fondements de la technique d’Arturo Benedetti Michelangeli, qui sont restés encore méconnus selon lui. Son approche vivante et réfléchie de la musique, dans laquelle l’étude des aspects techniques se mêle à une recherche de la transmission du savoir dirigée a fait qu’au cours des années le concertiste Alberto Neuman au style particulier et reconnaissable entre tous est devenu également une des plus illustres figures de la pédagogie.

Lire l'entretien avec Alberto Neuman

« Le merveilleux théâtre Le Ranelagh révèle toute la fantaisie géniale d’Alberto Neuman. Ce pianiste argentin, élève de Michelangeli, joue à la manière hautaine et extravagante d’un grand prêtre inca. Du piano incandescent et rituel »
(Olivier Bellamy, Le Monde de la musique, après le récital du 14 juin 2007)


« Personnage atypique, inclassable, excentrique… Aucun qualificatif ne saurait résumer la personnalité d’Alberto Neumann. Peut-être est-ce le terme « fellinien » qui permet de l’approcher au plus près. Le nom de l’artiste d’origine argentine n’est connu que d’un petit cercle d’aficionados du clavier. (…) Si vous vous rendez au Ranelagh, faites-le en abandonnant vos critères d’appréciation habituels. Soyez prêts pour la surprise, l’inattendu... Une seule chose demeure absolument certaine : pas une goutte d’eau tiède ne coulera durant la leçon de liberté que nous réserve Alberto Neuman. »
(Alain Cochard, Concert Classic, juin 2007)





"… Alberto Neuman non seulement respecte la partition, mais il l'inspecte, la réinvente, semble la réécrire devant nous, note après note, tenant compte de leur logique intervallaire ; il balaie d'un geste quasi électrique toute vibration trop prolongée, il sculpte l'espace et modèle, au burin, au pinceau, ses plans sonores qui surgissent dans une totale surprise. Extenseurs, fléchisseurs, chaque doigt a son mot à dire, sa caresse définie, son intervention précise, hautement calculée, puissamment désirée, mais dans une rigueur tellement maîtrisée que la musique devient libre, souple, belle, envoûtante."
(Catherine Imbert, La Lettre du Musicien, 229, novembre 1999, p.31)

Photos: Alberto Neuman au Ranelagh le 14 juin 2007. © Romain Boutillier.

Pour en savoir plus sur Alberto Neuman : http://alberto.neuman.free.fr/



Théâtre le Ranelagh - 5, rue des Vignes-Paris XVI
Métro La Muette ou Passy RER Boulainvilliers
Bus52, 32, 22 Parking 19 ou 80 rue de Passy
Tarifs: 30/22 euros/- 26 ans: 10 euros
Réservation: 01 42 88 64 44 ou www.theatre-ranelagh.com



Nous tenons tout particulièrement à remercier
l'Hôtel le Hameau de Passy
48, rue de Passy (Paris XVI)
Devenir Mécène des Concerts Weltkunst

A écouter: Alberto Neuman interprète:
1 - Apanhei-te Cabaquinho de Nazareth
2 - La Cumparsita de Matos-Rodriguez (Version Neuman)
3 - La Terrasse des audiences au clair de lune de Debussy
4 - L'étude op.25 n°1 de Chopin



mercredi

Testament de Heiligenstadt

"Le Testament de Heiligenstadt" de Ludwig van Beethoven
Nouvelle traduction par Bertrand Brouder


Ô vous, hommes qui me trouvez ou me dites hostile, obstiné et misanthrope, quelle injustice vous me faites ; vous ne connaissez pas la cause secrète de ce qui vous paraît ainsi. Mon cœur et mon esprit étaient inclinés depuis l’enfance au doux sentiment de bienveillance ; j’étais même disposé à accomplir de grandes actions ; mais pensez seulement que je suis affligé depuis six ans d’un mal inguérissable, aggravé par des médecins incapables, trompé d’année en année avec l’espoir d’une amélioration, obligé enfin de regarder ce mal comme irrémédiable. Né avec un tempérament fougueux, vif, goûtant les distractions offertes par la société, je dus me retirer prématurément, passer mon existence en solitaire. Quand je voulais passer outre tout ceci, ô avec quelle dureté fus-je rejeté par la triste expérience redoublée de ma mauvaise ouïe, et pourtant il ne m’était pas encore possible de dire aux hommes : parlez plus fort, criez, car je suis sourd, ah comment m’aurait-il été possible de proclamer la faiblesse d’un sens qui aurait dû être plus parfait chez moi que chez les autres ; un sens que j’avais possédé autrefois dans une perfection que peu, dans mon domaine, ont ou ont eu. Ô je ne le peux pas, ainsi pardonnez-moi lorsque vous me verrez me retirer quand j’aimerais me mêler à vous. Mon malheur m’est doublement douloureux car je dois être méconnu ; pour moi le repos au sein de la société des hommes, les conversations spirituelles, les épanchements mutuels ne sont pas possibles. Il ne m’est pas permis de m’introduire dans la société au delà de ce qu’exige la plus impérieuse nécessité ; je dois vivre comme un banni ; si je m’approche de la société, une terrible angoisse me saisit, car je crains d’être exposé au péril de laisser voir mon état - ainsi en était-il au cours de ces six mois que je passai à la campagne, suivant l’invite de mon bon médecin à ménager mon ouïe autant que possible. Il allait presque à la rencontre de mon état d’esprit actuel, mais lorsque je cédai au désir de chercher de la compagnie, quelle humiliation lorsque quelqu’un auprès de moi entendait une flûte au lointain, et que je n’entendais rien ; ou quand quelqu’un entendait le berger chanter et je n’entendais rien non plus.

De tels événements me portaient presque au désespoir et peu s’en fallut que je ne mette fin à mes jours. C’est lui, l’art, seulement lui, qui me retint car il me semblait impossible de quitter le monde avant d’avoir délivré ce à quoi je me sentais destiné ; et ainsi je poursuivis cette vie misérable, vraiment misérable. Un corps si sensible qu’une modification rapide peut me porter du meilleur état de santé au pire – la patience – semble-t-il – je dois l’élire pour guide, je l’ai. Durablement, je l’espère, se maintiendra ma décision, jusqu’à ce qu’il plaise aux intraitables parques de briser le fil ; peut-être cela ira-t-il mieux peut-être pas, je suis prêt. Contraint dès ma vingt-huitième année à devenir philosophe, ce n’est pas facile, plus difficile pour l’artiste que pour quiconque ; divinité, tu vois d’en haut le fond de moi-même ; tu le connais, tu sais que l’amour de l’humanité et l’inclination à faire le bien y résident. Ô, hommes, si un jour vous lisez ceci, pensez que vous avez été injustes avec moi ; et le malheureux, qu’il se console, en trouvant ici un semblable qui, malgré tous les obstacles de la nature, a cependant fait tout ce qui était en son pouvoir pour être reçu dans les rangs des artistes et hommes de mérites. Vous mes frères Carl et Johann, dès que je serai mort, si le professeur Schmid vit encore, priez–le en mon nom de décrire ma maladie, et insérez cette page que j’écris maintenant dans cette histoire de ma maladie. Afin qu’au moins après ma mort, le monde se réconcilie autant que possible avec moi. Je vous déclare en même temps ici les héritiers de ma petite fortune (si l’on peut la nommer ainsi) ; partagez-la honnêtement, entendez-vous et aidez-vous mutuellement ; ce que vous avez fait contre moi, vous le savez, vous fut depuis longtemps pardonné ; toi, mon frère Carl, je te remercie particulièrement pour l’attachement que tu m’as témoigné ces derniers temps ; mon souhait est que vous ayez une vie meilleure et avec moins de tracas que la mienne. Conseillez la vertu à vos enfants, elle seule peut rendre heureux, pas l’argent, je parle d’expérience ; c’est elle qui m’a relevé, même dans le malheur. Je lui dois, à côté de mon art, de n’avoir pas achevé mon existence par le suicide - adieu et aimez-vous – je remercie tous les amis, surtout le prince Lichnowsky et le professeur Schmid. Je souhaite que les instruments du prince L. soient conservés chez l’un de vous, mais qu’aucune querelle ne naisse entre vous à cause de cela ; dès qu’ils pourront vous servir à quelque chose d’utile, vendez-les. Comme je suis heureux si je peux encore vous être utile après ma mort – cela serait ainsi fait – je vais avec joie au devant de la mort. Vient-elle plus tôt que ce qui m’aurait permis de déployer toutes mes capacités artistiques, alors elle viendra trop tôt malgré mon dur destin et je la souhaiterais plus tardive – mais là aussi je serais satisfait, ne me libère-t-elle pas d’un état de souffrance sans fin ? Viens quand tu veux, je vais vers toi avec courage – adieu et ne m’oubliez pas complètement après ma mort, je l’ai mérité de vous, parce que j’ai souvent pensé à vous au cours de ma vie, à vous rendre heureux, soyez-le –

Ludwig van Beethoven, Heiligenstadt le 6 octobre 1802.

Heiligenstadt le 10 octobre 1802

Je prends ainsi congé de toi – et bien tristement – oui, le cher espoir – que j’ai mené ici avec moi, d’être guéri au moins jusqu’à un certain point, il doit maintenant me quitter complètement, comme tombent les feuilles d’automne, fanées, c’est ainsi – lui aussi est devenu sec pour moi, presque comme je suis venu, je pars – même le grand courage qui me portait souvent pendant les beaux jours d’été, - il a disparu – ô providence, - laisse une fois un pur jour de joie m’apparaître – depuis si longtemps l’écho intime de la vraie joie m’est étranger – ô quand ô quand, divinité – puis-je l’éprouver encore dans le temple de la nature et de l’homme – Jamais --- Non--- ce serait trop dur.

mardi

La Fleur de Safran / Murasaki / Cornelia Geiser






Théâtre Musical
MURASAKI SHIKIBU LA FLEUR DE SAFRAN MELODRAME POUR COMEDIENNE ET CITHARISTE EXTRAIT DU CONTE DU GENJI (GENJI MONOGATARI)

DRAMATURGIE, CONCEPTION, COMÉDIENNE
CORNELIA GEISER
CREATION MUSICALE, KOTO ET CHANT
FUMIE HIHARA


TEXTE FRANÇAIS DU SPECTACLE BERTRAND BROUDER

La fille du feu prince Hitachi vit solitaire dans son vieux palais délabré. Son unique confident est la cithare, instrument qui lui fut enseigné par son père. Une nuit, le Genji écoute à son insu quelques mélodies et son imagination s'enflamme… mais aussi celle de son ami qui l'espionne! Prêtant à la princesse les qualités les plus rares, les rivaux vont d'une désillusion à l'autre : son écriture est grossière, ses vers sont plats et la découverte de son visage les plonge dans la perplexité ; et pourtant…

« La Fleur de safran » extrait du Conte du Genji de Murasaki Shikibu

Poétesse japonaise mythique du XIe siècle, Murasaki Shikibu raconte avec finesse et humour une expérience humaine connue de chacun : nous croisons un autre être et avant même d’avoir échangé quelques paroles avec lui, notre imagination lui attribue des qualités qu’il ne possède pas forcément. Il ne connaît pas nos rêveries et nous déçoit souvent au moment de la rencontre réelle. Notre imaginaire lui en tient rigueur et blessé dans notre amour-propre nous nous détournons de lui.
Peut-être faut-il être un personnage aussi exceptionnel que le radieux Genji pour surmonter cette déception et chercher chez l’autre ce qui malgré tout permettra de construire une relation.

La musique au cœur de l’action

La musique occupe une place de prédilection dans la vie des personnages du Conte du Genji, Elle est présente dans leur vie sociale aussi bien que dans les moments les plus émouvants de leur vie intime. Dans ce mélodrame, nous entendrons quelques mélodies jouées par la princesse musicienne et ses résonances dans les cœurs des hommes qui l’écoutent. Des célèbres pièces traditionnelles comme « Yugao » y ont leur place à côté de morceaux composés pour ce spectacle, témoignant des liens étroits que la musique contemporaine japonaise entretient avec son patrimoine musical.

La recherche de la modernité dans la tradition

Ce spectacle contemporain garde inscrit en filigrane ses sources d’inspiration : les estampes japonaises, pour le port et l’inclination de la tête, la ligne du corps dessinée par les vêtements, la tenue d’un éventail, d’une lettre ou le port d’un sabre ; les spectacles de Nô, bien sûr, pour leur variété technique, l’extraordinaire contact que gardent ses acteurs avec le sol et leur virtuosité dans les changements d’équilibre (un domaine de recherche également des grands maîtres de la danse contemporaine comme Merce Cunningham ou Steve Paxton) .


La comédienne et la musicienne évoluent chacune dans un espace propre, séparés et clairement défini par les éclairages. Ces deux unités visuelles parallèles entretiennent des relations toujours changeantes explorant dans les domaines de la parole et de la musique toutes les nuances entre implication et distanciation. Les deux interprètes peuvent ainsi ensemble ou séparément emprunter l’identité d’un personnage ou s’extraire de l’action.

CORNELIA GEISER, metteur en scène et comédienne
Cornelia Geiser a mis en scène plusieurs opéras contemporains et classiques, parmi lesquels deux opéras de Gluck, L’Ivrogne corrigé et I Cinesi, à la Casa das Artes et au Teatro Rivoli de Porto, au festival de Mafra et au Teatro Vitriaco de Viseu .
De 1998 à 2002, elle a suivi les stages de montage de film de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet. En 2001, elle réalise le film Das Feuer das in mir glimmt autour du personnage de Monostatos de La Flûte enchantée de Mozart (prod. Atopic/Muzzik). Elle a été membre du jury du festival international de Nuremberg.
En 2003, elle a mis en scène Une vie au théâtre de David Mamet au Teatro Nacional de Lisbonne. Elle a entamé une série de monologues, aussi bien joués (L'Illusion de Corneille, 2004) que lus ou récités (parmi lesquels De quoi les hommes vivent de TolstoÏ 2005, soutenu par la DRAC) . En janvier 2006, elle a mis en scène Antidoto, un spectacle pour voix et musique électronique d’Aldo Brizzi, filmé ensuite en studio pour une chaîne de télévision brésilienne, qui a été invité dans des festivals en France et en Italie. Elle prépare une série de récitations Le Mot est une flèche (projet soutenu par la DRAC Ile-de-France), un spectacle théâtral sur le Genji Monogatari de Shikibu Murasaki et une nouvelle création d'Aldo Brizzi, Loving Glance. Elle est l'interprète de "Corneille-Brecht", film de Jean-Marie Straub.

FUMIE HIHARA, koto, composition, chant
Fumie Hihara est née en 1975 à Yamanashi et vit aujourd’hui à Tokyo.
Après avoir découvert le koto en jouant chez une amie, elle commence son apprentissage de l’instrument à l’âge de neuf ans. Diplômée de la Tokyo National Université des Beaux-Arts et de la Musique en 1998, elle se produit depuis comme soliste au Japon, en Europe et à New York où elle enregistre en 2004. A Paris, elle joue à la Maison de la Culture du Japon en 2004 et 2007.
Les programmes de ses récitals se distinguent par leur originalité : des musiques traditionnelles japonaises du 17eme et du 18eme siècle alternent avec des arrangements très surprenants de musiques occidentales classiques (comme son amusante version d’Orphée aux enfers) et ses propres compositions dont elle écrit aussi les paroles.

A côté de ses activités de concertiste, Fumie Hihara se consacre à la composition et aux arrangements. Elle cherche la rencontre avec d’autres disciplines artistiques et culturelles. Ses projets l’ont amenée à se produire avec un ensemble indonésien de gamelans, des danseurs de buthô et de danse contemporaine, le Centre National du Cirque, des comédiens ou encore des vidéastes au festival d’Avignon 2004. Un de ses instruments est une réplique de ceux des poteries haniwa de l’époque des kofun.
Pour le spectacle « La Fleur de safran », Fumie Hihara a composé une musique originale.


« La Fleur de safran » est un événement du programme du 150e anniversaire des relations franco-japonaise.
Ce spectacle a été sélectionné pour la célébration du "Millénaire du Genji"

sur le Conte du Genji (Genji Monogatari) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dit_du_Genji


spectacle créé au Théâtre le Ranelagh - 5, rue des vignes-Paris XVI





Devenir Mécène des Concerts Weltkunst



lundi

Pierre-Alain Volondat

Les Concerts Weltkunst

Depuis 2007, la Weltkunst invite les artistes les plus originaux des temps présents à jouer dans la salle historique du théâtre le Ranelagh.


Lundi 17 Mars 2008 à 20h30

Pierre-Alain Volondat
Piano



"L'homme qui fait sonner le piano comme un orchestre"


Pierre-Alain Volondat fête cette année le jubilé de sa victoire historique au concours Reine Elisabeth où l'on découvrît un poète possédé qui joue comme en état de transe. Sous les boiseries sculptées de la salle du Ranelagh, il donnera un concert au programme éblouissant.


BACH
Fantaisie chromatique et fugue

HAYDN
Sonate pour piano Hob. 16 n°52

Franz-Xaver MOZART
2 polonaises op.26
Variations sur une romance de Méhul op.23

CHOPIN
Barcarolle op.60
Grande valse brillante op.18
Polonaise op. 53 "héroïque"





Théâtre le Ranelagh-5, rue des vignes-Paris XVI
Métro La Muette ou Passy RER Boulainvilliers
Bus52, 32, 22 Parking 19 ou 80 rue de Passy
Tarifs: 30/22 euros/- 26 ans: 10 ceuros
Réservation: 01 42 88 64 44 ou www.theatre-ranelagh.com







Extrait à écouter :
Pierre-Alain Volondat joue l'andante de 3 Romances op.11 de Clara Schumann
(Extrait du CD à paraître en Mai 2008 sur le label SAPHIR Productions )




dimanche

Ned Rorem Project

THREE SISTERS WHO ARE NOT SISTERS (1968)
Un opéra de Ned Rorem pour 5 chanteurs et piano sur un mélodrame de Gertrude Stein
FABLES (1967)
Musique de Ned Rorem, textes de Jean de La Fontaine
mise en scène Cornelia Geiser
Durée : 1 heure environ


Three Sisters Who Are Not Sisters extraits de répétitions, Porto 2001
Mise en scène, Cornelia Geiser

Le projet consiste à produire les premières représentations en France de ces deux chefs d'œuvre de la musique contemporaine américaine.

Agé de quatre-vingts ans, Ned Rorem est aujourd’hui une des grandes figures de la musique contemporaine américaine : moins abstrait qu’Eliott Carter et plus lyrique que Steve Reich, il joue pour les jeunes compositeurs américains le rôle stimulateur que tenait Bernstein.


« Three Sisters… » un opéra pour 5 chanteurs et piano
Cinq personnages se présentent sur le plateau : trois sœurs qui ne sont pas sœurs et deux frères qui sont frères. Leur identité à peine établie, ils s'ennuient et s'interrogent sur ce qu'ils pourraient bien faire. Ils décident alors de se livrer à un jeu macabre qui consiste à s'assassiner les uns les autres, le vainqueur étant le dernier survivant. Mais à quoi bon survivre si l’on reste seul ? Après quatre meurtres et un suicide, les cinq morts chantent leur propre requiem avant de ressusciter pour se disputer : sont-ils morts pour de bon ou ont-ils joué une pièce ?
Une intrigue simple, des personnages sans psychologie : sur le mode du jeu propre au génie particulier de Gertrude Stein, on met en lice l'identité, la perception, la mort.

Une œuvre qui initie à la musique contemporaine
Ned Rorem écrivit cet opéra de chambre en 1968. L'œuvre est une initiation pleine d'humour à la musique contemporaine aussi bien pour les jeunes chanteurs que pour le public. Rorem a mis en musique l'univers radicalement moderne de Gertrude Stein avec une véritable sensibilité de poète en explorant de manière subtile les possibilités offertes au chant par les sonorités du langage parlé. Le piano joue avec les personnages, tantôt s'en distancie et commente avec ironie leurs actions.

Quelques réflexions au sujet de « Three Sisters… » par Cornelia Geiser
Toute partition contient en filigrane des indications de mise en scène. Au début de l’opéra, le compositeur a choisi deux rythmes fortement opposés pour introduire les personnages : les sœurs chantent sur un rythme large et pondéré formant un groupe compact et statique, alors que les frères chantent sur un rythme rapide et agité composant un groupe dynamique et mobile. Cette opposition rythmique conduit directement au cœur des questions identitaires et aux problèmes de leur visualisation scénique. Etablir une identité qui est douteuse (comment trois personnages peuvent se présenter comme trois sœurs) exige un travail très précis sur le mouvement afin de faire du corps le messager le plus convaincant de cette identité revendiquée. L'existence visuelle du groupe de sœurs peut se créer à partir de mouvements simultanés ou de mouvements qui se répondent. Ce même principe, mais avec un tout autre type de mouvement, fera aussi apparaître l'identité des personnages masculins: leur fratrie n'étant pas sujette à caution, leurs mouvements mettront en évidence leur individualité comme source permanente de différends : l'un veut jouer à l'assassin, l'autre pas ; le premier prétend être mort, le second affirme être vivant. Une fois deux sœurs et un des frères assassinés, l'opposition entre l'immobilité et le mouvement va s'exacerber entre les deux personnages survivants : la dernière sœur se cache et ne se déplace guère alors que le second frère se présente sous des déguisements divers. Il est d'abord policier à la démarche carrée, puis apache exécutant une danse guerrière avant de mourir très théâtralement. Après le suicide du dernier personnage, le requiem que se chantent les morts suspend cette opposition pour un temps…

Eclairages
Dans cet opéra, les éclairages jouent un rôle fondamental. Clarté, pénombre et obscurité modifient notre perception, font apparaître et disparaître personnages et objets, forcent à une écoute plus attentive, p. ex. pour entendre la voix des "morts".
Mais le travail sur les éclairages nous permettra aussi d'architecturer l'espace scénique et de le rendre aussi signifiant que le geste et le mouvement.

Costumes
Les costumes sont modernes et soulignent les caractéristiques des groupes différents : les sœurs sont grandes, aux des silhouettes hautes, portant perruques, lunettes et robes longues. Les frères sont plus petits, en costumes (pantalon et veste). Les déguisements sont signalés par un accessoire.

Décor
Comme dans les spectacles de danse, auquel ce travail s'apparente, le décor sera extrêmement succinct, laissant toute la place au mouvement. Seuls quelques objets scéniques seront placés sur le plateau (colonne avec un verre d'eau, chaises, tulles suspendues).

mardi

Luís Madureira chante Poulenc et Vian


Mardi 5 février à 20h30

Luís Madureira, ténor
Jeff Cohen, piano



Mélodies et chansons
Francis Poulenc
Boris Vian



Pour la première fois en récital à Paris, Luís Madureira propose une alternance inédite de chansons et de mélodies dans lesquelles la finesse de Montparnasse et l’esprit de Saint-Germain-des-Prés rivalisent d’imagination poétique. Luís Madureira, artiste cosmopolite à la diction parfaite, donne comme personne leur vraie saveur à « La Java des bombes atomiques » et au « Voyage à Paris ».

Programme

Voyage à Paris
Montparnasse

Hôtel

(Guillaume Apollinaire / Francis Poulenc)


Mouvements perpétuels, n°2
(Francis Poulenc)

Musique mécanique
(Boris Vian / André Popp)

A la pêche des cœurs
(Boris Vian / Alain Goraguer)

Le Serpent
(Guillaume Apollinaire / Francis Poulenc)

Rock and Roll – Mops
(Boris Vian / Michel Legrand)

La Complainte du progrès

(Boris Vian / Alain Goraguer)

Mouvements perpétuels, n°3
(Francis Poulenc)

Cinématographe
(Boris Vian / Jimmy Walter)

Avant le cinéma
(Guillaume Apollinaire / Francis Poulenc)

J’suis snob
(Boris Vian / Jimmy Walter)

Le Petit commerce La Java des bombes atomiques

(Boris Vian / Alain Goraguer)

Le Déserteur
(Boris Vian / Boris Vian et Harold Berg)

Le temps de vivre
(Boris Vian)

Hymne
(Francis Poulenc)

Le Disparu
(Louis Aragon / Francis Poulenc)

Lune d’Avril
(Maurice Carême / Francis Poulenc)

Ce doux petit visage
(Paul Eluard / Francis Poulenc)
Mélancolie
(Francis Poulenc)

Je bois

(Boris Vian / Alain Goraguer)

La Vie c’est comme une dent
(Boris Vian)

Piano Yamaha S6





Concert organisé en partenariat avec